Saint-Yves

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Saint-Yves

Message par Cathelineau le Mer 21 Fév - 1:26

  Hagiographie de Saint-Yves



Yves (en breton Erwan) Son nom est associé à Tréguier avec Tugdual. On le représente souvent rendant la justice entre le pauvre et le riche.

I Naissance et formation d’Yves Hélory de Kermartin



Yves Hélory de Kermartin est né le dix-sept octobre de l’an mille deux cent cinquante-trois au manoir de Kermartin, à Minihy, près de Tréguier. À l’âge de quatorze ans il partit pour l’université de Paris où il étudia pendant dix ans les lettres et les sciences, la théologie et le droit canon. En mille deux cent soixante dix-sept, à vingt-quatre ans, Yves prit la direction d’Orléans pour y étudier le droit civil, continuant ainsi à mener une vie d’étudiant sérieux et pieux. Il partit ensuite à Rennes compléter ses longues études en suivant de doctes conférences sur le Livre des Vertus. Son entourage n’était pas sans remarquer ses capacités intellectuelles, son érudition qui en faisaient un savant et un lettré. Un homme talentueux donc, mais également d’une grande spiritualité de par sa piété et sa vie d’ascèse ; si bien que l’Archevêque de Rennes lui proposa la charge d’official.


II Official à Rennes ; le jugement des odeurs


Yves ne se borna pas à faire prévaloir le droit dans ses fonctions judiciaires. Il se constitua l’avocat du faible, du pauvre, du persécuté. La violence et l’injustice lui causaient une telle horreur qu’il les combattait d’office, et n’épargnait ni peine ni argent pour faire rendre justice. Sa parole ardente et éloquente, l’autorité de son savoir, son renom de droiture et de fermeté gagnaient toutes les causes dont il se chargeait. Et il attaquait sans hésiter, devant les tribunaux ecclésiastiques, les hommes puissants qui, en offensant l’équité, l’avaient indigné. C’est cette indignation qui l’amena un jour à énoncer son jugement le plus célèbre, celui des odeurs.

Dans cette affaire, un aubergiste s’opposait à un mendiant. Ce dernier était accusé par le premier d’avoir été pris à rôder autour des cuisines. Comme l’aubergiste ne pouvait prouver une accusation de vol de nourriture, il l’accusa de se nourrir des odeurs de sa cuisine… La veille de l’audience, ne sachant comment aborder cette affaire, Yves fit une prière avant d’aller se coucher, espérant que le lendemain une solution lui vendrait à l’esprit. Pendant son sommeil, il rêva de la vie de Michel, l’Archange de la justice, et trouva un jugement qui en étonna plus d’un : le bruit payerait les odeurs ! Lors de l’audience, Yves Hélory prit quelques pièces dans sa bourse et les jeta sur la table devant lui. L’aubergiste tendit la main pour les prendre mais Yves retint sa main. L’aubergiste s’exclama : « c’est à moi ». Yves lui répondit alors « ah non ! le son paye l’odeur, à cet homme l’odeur de ta cuisine, à toi le son de ces pièces ! ». La réputation de ce juriste vengeur s’étendit dans toute la Bretagne et même dans l’ouest du royaume de France. Yves resta à Rennes quatre années, de mille deux cent quatre-vingts à mille deux cent quatre-vingt-quatre. Déjà, il se fait remarquer par sa vie de privation en faveur des pauvres et plus particulièrement à l’époque de son départ de Rennes.

Un jour, le frère Guiomar Morel, Diacre de Tréguier dit de lui, « Pendant qu'il était malade à Kermartin, la maison d'Yves, je me trouvai seul avec celui-ci et le pressai de me dire comment il en était venu à embrasser cette vie austère et sainte. Yves fit de grandes difficultés pour répondre, enfin il conta que quand il était official de l'archevêque de Rennes, il allait au couvent des Franciscains de Bruz entendre expliquer le Livre des Vertus. C'est alors, sous l'influence des paroles des frères recueillies en ce lieu, qu'il commença d'aspirer à une vie charitable loin de la richesse. Longtemps il sentit en lui, entre la raison et la sensualité, une terrible querelle. Cette querelle ou plutôt ce combat dura trois ans. Au cours de la deuxième année, la raison finit par dominer la sensualité. C'est alors qu'Yves commença ses prédications, sans toutefois quitter encore ses habits mondains. Mais, dans la troisième année, la pure raison s'étant rendue tout à fait maîtresse, Yves donna aux pauvres ses bons habits pour l'amour de Dieu et prit des habits grossiers, à savoir une cotte à manches longues et larges sans boutons, et sur cette cotte une housse, ces deux vêtements traînants, d'une tournure très grave et taillés dans un gros drap de bureau blanc. Il adopta alors ce costume pour ramener plus facilement les fidèles sur le chemin de la Vertu."

III Yves le prêtre

En mille deux cent quatre-vingt-quatre, l’archevêque de Rennes ayant eu confirmation de ses talents, le pressa d’accepter de recevoir le sacrement de l’ordination et de se voir confier la paroisse de Tredrez. Yves accepta et dès la sortie de Rennes, vendit le cheval que lui avait offert l’archevêque pour offrir l’argent de la vente aux pauvres. Dans sa paroisse de Tredrez puis, plus tard, celle de Louannec, lors que ses prédécesseurs prêchaient en latin, Yves étonne ses paroissiens en le faisant en breton, rendant ainsi accessible au peuple la compréhension du Livre des Vertus. Ce faisant, on aimait venir de partout entendre ce prêtre humble et dont la piété faisait aimer la piété. Mais il ne ménageait pas sa peine pour aller dire l’espérance de Dieu aux pauvres gens de la campagne bretonne. À cause d’une épidémie qui emporta nombre de prêtres, il lui est arrivé de prêcher cinq fois le même jour à des endroits différents : Tredrez, Louannec, Saint Michel en Grève, Trédarzec et Pleumeur. Il faisait tout le chemin à pied, jamais à cheval.

En mille deux centre quatre-vingt-treize, après le décès de sa mère, emportée par la maladie, il hérita de l’ensemble du patrimoine familial en tant qu’ainé de la famille Heloury. Il fit alors construire un refuge pour les indigents, Crech-Martin.À Tredrez, lorsqu’il y était recteur, il nourrissait aussi les pauvres : une fois il fît donner le peu de pain qui restait au presbytère à des pauvres. On en coupa assez pour que tout le monde en ait à sa faim, au grand étonnement du vicaire qui s’était fait mettre de côté, au préalable, un morceau pour lui.
Yves étonnait tout le monde par son désintéressement :« Advocatus erat, sed non latro, res mirabilis populo ». Cette exclamation en latin a traversé les siècles, et reste souvent prononcé en Bretagne : « Il était avocat, mais pas voleur, chose admirable pour les gens ». Quant aux pauvres habits que parfois il faisait faire, le jour où l’on les lui portait ne finissait pas toujours avant qu’un malheureux ne se les voit offrir.

Yves Hélory s’éteint le dix-neuf mai mille trois cent trente trois. Ses obsèques à l’église Saint-Tugdual de Tréguier où est érigé son mausolée, firent l’objet d’une ferveur populaire extraordinaire. Pour tous, il devient le « mirouër (miroir) des ecclésiastiques, avocats, pauvres, veuves et orphelins »

Un dernier geste pour les pauvres.

Le lendemain de sa mort, au matin, les pauvres de Tréguier trouvèrent tous dans leurs affaires une miche de pain. Cette découverte fut immédiatement attribuée à Yves. Les pauvres, voulant remercier le Saint homme participèrent à ériger le magnifique mausolée dans la Cathédrale Trégoroise, ils ne manquèrent pas par la suite de venir s'y recueillir.

IV Témoignages sur Yves Hélory de Kermartin


La Veuve du jongleur Rivallon a dit de lui


" Mon défunt mari et moi-même, nous vînmes accompagnés des quatre enfants que j’avais, onze ans environ avant la mort de dom Yves, à sa maison de Kermartin pour recevoir aumônes et hospitalité pour l’amour de Dieu. Yves nous accueillit avec beaucoup de joie, et pendant ces onze années-là, ou à peu près, il nous a gardés chez lui, pourvoyant à notre nourriture et à notre habillement."


Un cheval pour les pauvres.


Un été, par un temps de grande sécheresse, Yves n'avait plus rien à donner aux pauvres. Il ne lui restait qu'un cheval employé à la culture de ses terres. Il vint de Tredez à Tréguier trouver un bourgeois appelé Traquin, qui avait épousé sa soeur. Il dit à Traquin : « Achetez mon cheval ». Ce bourgeois se moqua de lui : « Etes-vous fou, s'écria-t-il, de vouloir vendre votre cheval pour donner aux pauvres ! » Peu ému de ces railleries, Yves insista, le bourgeois acheta le cheval cinquante écus. Aussitôt le prix convenu ou compté, Yves revint chez lui en toute hâte, après avoir prescrit à sa soeur de lui envoyer du pain pour cinquante écus à distribuer aux pauvres, car les pauvres en foule le suivaient partout.


Yves, un souvenir encore vivace en Bretagne

Quand les Bretons voyaient passer dans la campagne
Yves revêtu de son grand manteau blanc
Ils se disaient que Dieu l’avait mis en Bretagne
Pour défendre des grands les faibles, les petits.
À son nom s’éveillaient, sur leurs couches les malades.
Les marins l’invoquaient au milieu des ténèbres,
Et leurs barques passaient les brisants périlleux


Il est le Saint patron de la Bretagne et des Juristes.
Il est fêté le 19 mai.
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